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Travaux étudiants
Travaux étudiants

// EXPERTES ET HABILES, LES MAINS

Eden Cherbit

Parties notables de notre corps, les mains tiennent aussi une place très importante dans nos vies et pour un artisan, cette place est essentielle. J'ai choisi de suivre un facteur de clarinettes, un joaillier et une couturière afin de mettre au jour le travail de leurs mains dans le minutieux accomplissement de leurs tâches. Trois métiers absolument différents mais que la précision, la singularité des gestes rapprochent. Avec leur complicité, je me suis tenue à une distance respectueuse, un peu en arrière, pour saisir cette relation à la fois calme et experte avec leur travail. Trop souvent, en manipulant, en admirant des bijoux, des vêtements, des instruments de musique, nous oublions les mains qui les ont réalisés à partir d'un projet de création. J’ai privilégié le noir et blanc pour son aptitude à restituer la matière et aussi la texture de la peau, l'usure et la noblesse imprimées par  des années de métier. Mes modèles ont vu et aimé cet hommage en images, que j'ai essayé de réaliser dans ce même esprit, humble et appliqué.

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// Catherine, Kiambé, Surya 

Elisa Moris Vai

Ces photographies rendent un univers visuel à trois héroïnes de l'île Maurice rencontrées dans les pages de deux romans de J.M.G. Le Clézio , "La Quarantaine" (1995) et "Révolutions" (2003). Catherine Marro, descendante des premiers colons, est aveugle mais elle partage en voyante ses souvenirs d'enfance avec son petit-neveu. Kiambé est une esclave en marronnage : elle s'est évadée de la ferme à laquelle on l'a vendue, après l'avoir emmenée enfant de son village d'Afrique pour l'embarquer  au rivage de la Tanzanie. Suryavati vit près de Maurice, sur l'Ile Plate, elle y côtoie les nouveaux travailleurs indiens mis en quarantaine, au seuil d'un destin incertain.  À ces trois femmes de fiction, Elisa Moris Vai n'a pas voulu donner les traits d'un modèle. Elle a préféré, par des images dialoguant avec des mots venus des deux livres, s'immerger dans leur univers tel que nous le renvoient aujourd'hui l'intérieur des demeures coloniales, les traces de la servitude, l'environnement insulaire, l'enceinte hostile de l'océan.

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// PARTICULES

Gabriel Dia

Un nom inédit circule à présent, curieux et intimidant, pour caractériser les effets sur la Terre de l’ère industrielle qui pollue l’air, les sols, et les océans, épuisant les ressources, fragilisant les écosystèmes, entraînant la disparition en masse des espèces et des individus. Ce terme à la fois savant et controversé est « Anthropocène », il désigne une nouvelle ère géologique, entérinant l’idée que l’homme est désormais une composante planétaire, capable de modifier la biosphère par son activité.

"Particules" est une série de portraits ou plus exactement de figures. À travers une mise en perspective de formes et d'empreintes, visages, végétaux et minéraux y semblent traités à parts égales. Artisan de sa prospérité, l'homme reste cependant responsable de la disparition prévisible du seul monde vivant connu, telle que la révèlent ces apparitions à chaque fois doubles et ambivalentes, mise en lumière de l'enjeu fondamental d'une espèce capable d'éradiquer toutes les autres avant de consommer sa propre fin.

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// Frédéric Gérard (Photo Promo 2019)
ANGELO OU LE MIROIR DU TEMPS

Hervé Le Goff

C'est bien sûr un portrait, le portrait d'un ami proche, suivi dans son dialogue avec l'image que lui renvoie chaque jour son miroir et cette sacrée distance qui la sépare de la photographie du fringant jeune homme qu'il était dans les années 1970, blouson serré, coupe au gel et cigarette au bec. La séquence part d'une émouvante nature morte réunie par Angelo, esthète de ses souvenirs : devant le tirage des beaux jours, posé sans cadre, un réveil de voyage, un angelot musicien en poussière de marbre, enguirlandé de colliers venus de loin, une lampe dont on ne voit que la fine colonne  et le noir câble électrique. Frédéric Gérard accompagne dès lors les premières minutes d'une journée d'Angelo, prises entre le clin d'œil doux-amer du passé et ce face-à-face intime d'un septuagénaire que la vieillesse étonne et accable jusqu'aux larmes. Frédéric Gérard est l'invité de la Galerie des lecteurs, page 136 du numéro "Spécial Hiver 2019-2020 de l'intéressant magazine bimestriel en ligne Openeye, d'accès gratuit :

https://fr.calameo.com/read/0051434053b9f2d65873d

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// Virginie Rose (promotion 2019)
MATHIE

Virginie Rose

Mathie, c’est une jolie fille qui a un léger brin de folie. elle aime les gens, la vie et elle a un putain de caractère. elle danse partout, tout le temps, elle joue la comédie, c’est ce qu’elle aime par dessus tout, danser et être quelqu’un d’autre l’espace d’un instant. Ce que vous ne savez pas, c’est qu’elle a un secret. Ça ne se voit pas à première vue, mais elle a un handicap, ce genre de handicap invisible qui vous empêche de vivre normalement mais que personne ne voit. Du coup, la plupart des gens ne comprennent pas, ils ne se rendent pas compte de sa souffrance au quotidien, des heures interminables passées aux urgences, de la douleur insoutenable qu’elle subit à chaque fois. Vous allez découvrir au fil des photos, la partie que vous n’auriez jamais pu voir autrement. Vous allez découvrir son mystérieux syndrome d’Ehlers Danlos. Mathie c’est une jolie fille, fragile et forte à la fois.

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// « UUJUK KANGILEK »
GROENLAND – DISKO BAY

Jérémy Blahay( Promo 2019)

« Tu as voyagé parce que tes yeux devaient voir et se rendre compte ».

(Arluk, Le chant pour celui qui désire vivre, Jorn Riel)

A 500km au nord du cercle polaire, nous nous sommes écartés d’un chemin de randonnée et avons découvert une petite cabane abandonnée, au creux d’un fjord, que nous avons réhabilitée pour y séjourner. Nourrie des textes de l’ethnologue Jorn Riel et de la mythologie Inuit, cette série documentaire a pris une toute autre dimension après un accident bouleversant : glissant d’une falaise j’ai chuté dans les eaux arctiques et noyé mes pellicules et mon appareil photo. Au développement, la chimie a révélé traces et défauts comme autant de spectres qui ont marqué pour toujours notre passage à Uujuk Kangilek.
Cette série aborde la problématique écologique aux premières loges du dérèglement climatique et ses conséquences sur les populations autochtones. L’environnement saisi change, fond, disparaît chaque minute qui passe. Telles des images d’archives usées par le temps, ces photographies dépeignent un monde où l’homme a presque disparu, laissant derrière lui os de mammifères, hutte ou jeunes chiens de traineaux plongés dans un troublant sommeil.

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// Balade en terre brulée

Raphael Laruga

Le silence assourdissant, seulement troublé par le bruit des pas. Il fait chaud, mais je ne peux m’empêcher de frissonner. Tout a été dévoré par les flammes. Il ne reste pas un insecte, pas une feuille. De ce désastre naît une nouvelle liberté. Il n’y a plus de chemin, plus de limite, je déambule dans une enivrante solitude. Les branches brulées me griffent et tracent des lignes au charbon sur mes habits, mais je file entre les buissons, que verrai-je en haut de cette crête ? La mer, le vent et derrière, quelques collines noires ; le vert réapparaît, entourant les maisons de quelques chanceux, épargnées par la catastrophe. Je redescends dans la vallée, je tombe sur un ruisseau asséché qui crée comme une avenue. Alors je le suis. Les branches brulées sont de plus en plus hautes et le chemin est de plus en plus bas. Je m’accroupis pour continuer à avancer. Les arbres calcinés se dressent comme autant de ruines monumentales. À genoux dans les cendres, dans cette prison de charbon, je me résous à l’avouer, je suis perdu.

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// AMBRE RAIMBAULT
(photo promotion 2019)
MATERNELLE

Ambre Raimbault

Intimité,
Maternité,
Instant dérobé,
Formes dessinées.

Partage qui se dégage
D’un corps en dévoilage;
Lumière d’un âge
S’étalant à chaque page.

Noblesse d’une âme
Qui a connu des larmes.
Paisible essence
Songe et pense
À la sérénité
D’une finalité envisagée.

Force juvénile
Enracinée jusqu’à la pointe des cils;
C’est une pupille qui brille
Devant sa petite-fille.

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// INGRID BAILLEUL
(photo promotion 2019)
LA RESPIRATION CONSCIENTE,
POUR LA VIE

Ingrid Bailleul

Au mois d'août 2018, le Congrès international de la Respiration consciente avait lieu en France, près d’Angers, sur le thème "Respirez la joie". Et quelle joie ! Trois-cents personnes venues de vingt-sept pays pour partager des expériences et des savoirs, s’épanouir chacun et ensemble. Pendant toute une semaine, une concentration d’énergie à la fois harmonieuse et puissante a produit un extraordinaire mélange de larmes, d’exclamations, de rires, d’étreintes…Absolument festif, l'événement a atteint sa vocation première de toucher l’être humain dans sa dimension mentale et sa forme physique. Au cœur des pratiques proposées,  les techniques respiratoires  comme la  respiration transformationnelle, la cohérence cardiaque, mais aussi le wutao, le butô, le mouvement authentique et le yoga du rire montraient qu'aborder son bien-être émotionnel et porter son attention aux autres  peuvent transformer son quotidien, bien au-delà d’une semaine passée dans un petit village angevin.

 

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// KWARK Songhyun
(photo promotion 2019)
DESTINATIONS INCONNUES

KWARK Songhyun

Avant de venir en France en 2015, d'abord à Montpellier pour apprendre la langue, et en 2016 à Paris pour ma formation de photographe, j'ai suivi un cursus en anthropologie à l'Université de Séoul et travaillé dans une agence de voyage. En Corée, comme partout dans le monde, les gares de grandes villes me posent toujours la même question : vers où courent toutes ces personnes aux visage souvent fermés, voire anxieux ? À défaut d'apporter une réponse, il m'a semblé que la photographie pouvait préciser cette interrogation. J'ai donc beaucoup photographié  de terminaux et de halls de gare, à Séoul et à Paris, comme pour cette série réalisée en 2017 à la gare de Lyon. Je me suis postée en étage pour suivre en pongée ces voyageurs si différents, aux trajectoires inconnues mais déterminées. J'ai choisi d'opérer en "panning shot", mini-panoramique de 4/10 de seconde, un temps de pose assez long pour saisir un fragment de cette fragilité intime qui accompagne chaque départ.

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