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Travaux étudiants
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// LA NUIT

Cidàlia Alves

Ces seize photographies viennent de deux régions, dans le Berry en France et au Portugal, aux confins du Ribatejo et de l'Extremadure. Je les ai réalisées sur plusieurs années, toujours en hiver. La voiture avec laquelle je me livrais à ces promenades nocturnes participait à ces prises de vues, avec ses phares qui traçaient la route quand les feux arrière donnaient une touche de lueur rouge, surgie comme l'heureuse et lointaine réminiscence des braises qu'on joue à faire briller en les remuant avec un tison. À travers cet exercice particulier d'une immersion dans la campagne, si éloignée de mes recherches plasticiennes sur la matière et les formes urbaines, je retrouvais cette idée qu'ont les enfants de la nuit, telle que les contes savent la leur donner, par le mystère des sentiers et la silhouette, toujours impressionnante et protectrice, des hauts arbres. S'y ajoutent la mélancolie, la "saudade", les solitudes qui inquiètent, les séparations, les déracinements, et au bout du chemin, la maison claire d'une grand-mère aimée.

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// PARIS EN CHANTIERS

Agnieszka Rola

C’est dans l'exercice de mon précédent métier dans le bâtiment que j'ai conçu l'idée et bientôt le projet de devenir photographe professionnelle. Photographier a toujours été pour moi un geste spontané, avec le plaisir de cerner la réalité même la plus brute pour en restituer une vision personnelle, parfois poétique, toujours embellie. C'est ce qui s'est produit avec mes photographies de chantier, où ce qui est réputé être sans beauté peut libérer une puissance esthétique comme la poussière d'un sol, la rouille d'une ferraille, la fine transparence du film étirable qui emballe une palette. En travaillant sur des constructions dont la hauteur me donnait une vision inédite de Paris, j'ai eu envie de faire découvrir un monde à part, avec la sensibilité artistique d’une femme du BTP. Cela produit ces scènes magiques, presque féeriques, où la lumière vient jouer avec la matière et les textures, quand la puissance des structures d'acier laisse deviner les monuments qui signent une capitale.

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// WINTERREISE

Yoongeun Jeong (efet Photo, promotion 2021)

Cette série est liée au concept de la nostalgie, elle-même associée à l'impossible retour  vers le passé, vers de très vieux souvenirs, parfois tenaces, souvent diffus.

L’idée était de réaliser une sorte de fiction documentaire sur un jeune Russe qui, de Moscou, reviendrait vers la Sibérie occidentale de son enfance. C'est d'abord la séquence du long voyage en train et du temps des gares, l'arrivée au village de la banlieue de Novossibirsk, jusqu'à la maison des parents, à peine visitée. Seule présence, dans le silence et la pénombre d'une grise journée d'hiver, une photographie de famille posée sur un rebord de fenêtre.

Sur le plan de l'émotion, cela renvoie à tout ce qui nous touche d'une manière étrange et chaleureuse, à ces lieux tutélaires de l'enfance précieuse et perdue, à cet indicible mélange de mélancolie et de tristesse qui se tient en arrière-fond, comme une petite rivière qui coule dans paysage tranquille et que, par instinct, le saumon remonte pour retrouver ses origines.

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// Thomas Nazaret
(photo promotion 2021)
Le hibou moyen-duc

Hervé le Goff

Comme tout promeneur, Thomas Nazaret croyait connaître la nature. C'est en s'y intéressant de près qu'il s'aperçoit que tout est à découvrir, et d'abord, le silence, silence qu'on observe,  silence qu'on écoute.  Depuis quatre ans, équipé d'un appareil et du bon objectif, il arpente les forêts de la région encore sauvage du Vexin, avec la chance de parfois croiser le chemin d'un cerf, d'un renard, d'un sanglier ou d'un lièvre. Le hibou moyen-duc fait partie de ce bestiaire sauvage dont Thomas Nazaret affine l'approche, jusqu'à atteindre un voisinage qu'on pourrait prendre pour une connivence entre photographe et modèle. Plutôt poseur avec ses deux aigrettes, son fascinant disque facial et le regard perçant de ses yeux ronds, l'oiseau de proie offre par ailleurs l'élégant spectacle  de son vol.  Saisi  par la combinaison gagnante de la longue focale et de la fraction de seconde,  filant sur fond de ciel blanc, voici qu'il apparaît dans la splendeur et la précision d'une gravure ancienne.

Découvrir le travail de Thomas ( www.thomasnazaret.fr)

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// CHIENS MODÈLES

Marion Guerand

Qu'il soit chien de berger, chien de chasse, chien de police, chien d'assistance, chien de sport, de travail ou même de compagnie, le chien est depuis toujours le meilleur ami de l'homme. Chaque relation est unique et c’est ce que j’ai envie de montrer à travers mon travail. C'est pourquoi j'ai proposé à des amies d'immortaliser dans un environnement urbain  le lien qu'ils ont avec leur compagnon. J’étais avec mes amies et c’était donc facile pour moi d’être à l’aise et de les mettre à l’aise. En revanche, imposer à son chien une séance de pose statique implique une confiance et même un complicité avec  l'animal, d'autant que l'environnement inhabituel peut constituer pour lui une source d'agitation ou de stress. C’est pourquoi je demande toujours que les propriétaires soient avec leur chien au moment du shooting, qu'ils posent ou non avec eux, avec les récompenses qui rassurent, caresses ou  friandises. À la différence de la photographie animalière de nature, le portrait canin imposes ses règles de connivence et de douceur.

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// Parures de plumes

Alexandre Sourd

Elle participe aux voyages au long cours des oiseaux migrateurs comme elle peut finir sans gloire, tassée dans un édredon. Le cuisinier la jette au fumier, le poète lui demande de coucher ses vers. Vous l'avez reconnue, je veux parler de la plume. Fasciné par la nature, je m'intéresse depuis toujours aux merveilles qu'elle nous offre, à la fois magnifique et discrète. Avec cette série d'images, j'ai voulu apporter un éclairage particulier à ce petit bout d'aile, à la fois si utile et si beau, qui souvent symbolise la grâce, la douceur et la légèreté. Sans autre artifice qu'une laque qui prête son reflet, par une lumière qui traverse une atmosphère aussi dense qu'une nuit sans lune, j'ai photographié ces jeunes plumes blanches détachées de l'oisillon par la mue, à mi-chemin entre la vie la mort.  S'appropriant  la couleur du faisceau, jouant de la nacre, de l'émeraude ou du rubis,  j'ai tenté de faire de ces bijoux dessinés et ciselés par la nature des modèles propres à inspirer un joailler.

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// IVREA, LA BATAILLE DES ORANGES

Ginevra Carrozzo

Le Carnaval d'Ivrea, en Italie du Nord, trouve son origine au XIIe siècle, dans la révolte populaire levée contre le seigneur local, lequel entendait exercer un droit de cuissage sur les jeunes mariées qui avaient le malheur de lui plaire. Cette révolte a son instigatrice, en la personne de Violetta, la fille du meunier. Amenée au château de l'abusif hobereau, Violetta qui était aussi hardie qu'elle était belle, lui fit son affaire en lui tranchant la tête. Elle reste l'héroïne qu'on célèbre encore pendant les six jours qui courent du jeudi gras au mardi gras.
J'ai voulu décrire le point fort du Carnaval, la Bataille des Oranges qui, du dimanche après-midi au mardi soir, voit plusieurs milliers d'Arancieri, se jeter à la figure près de quatre cents tonnes d'agrumes venus des surproductions de l’Italie du Sud. Neuf équipes s'affrontent, pour les neufs quartiers de la ville, qui ressuscitent la colère du peuple outragé face à la soldatesque du tyran.

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// EXPERTES ET HABILES, LES MAINS

Eden Cherbit

Parties notables de notre corps, les mains tiennent aussi une place très importante dans nos vies et pour un artisan, cette place est essentielle. J'ai choisi de suivre un facteur de clarinettes, un joaillier et une couturière afin de mettre au jour le travail de leurs mains dans le minutieux accomplissement de leurs tâches. Trois métiers absolument différents mais que la précision, la singularité des gestes rapprochent. Avec leur complicité, je me suis tenue à une distance respectueuse, un peu en arrière, pour saisir cette relation à la fois calme et experte avec leur travail. Trop souvent, en manipulant, en admirant des bijoux, des vêtements, des instruments de musique, nous oublions les mains qui les ont réalisés à partir d'un projet de création. J’ai privilégié le noir et blanc pour son aptitude à restituer la matière et aussi la texture de la peau, l'usure et la noblesse imprimées par  des années de métier. Mes modèles ont vu et aimé cet hommage en images, que j'ai essayé de réaliser dans ce même esprit, humble et appliqué.

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// PARTICULES

Gabriel Dia

Un nom inédit circule à présent, curieux et intimidant, pour caractériser les effets sur la Terre de l’ère industrielle qui pollue l’air, les sols, et les océans, épuisant les ressources, fragilisant les écosystèmes, entraînant la disparition en masse des espèces et des individus. Ce terme à la fois savant et controversé est « Anthropocène », il désigne une nouvelle ère géologique, entérinant l’idée que l’homme est désormais une composante planétaire, capable de modifier la biosphère par son activité.

"Particules" est une série de portraits ou plus exactement de figures. À travers une mise en perspective de formes et d'empreintes, visages, végétaux et minéraux y semblent traités à parts égales. Artisan de sa prospérité, l'homme reste cependant responsable de la disparition prévisible du seul monde vivant connu, telle que la révèlent ces apparitions à chaque fois doubles et ambivalentes, mise en lumière de l'enjeu fondamental d'une espèce capable d'éradiquer toutes les autres avant de consommer sa propre fin.

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// Frédéric Gérard (Photo Promo 2019)
ANGELO OU LE MIROIR DU TEMPS

Hervé Le Goff

C'est bien sûr un portrait, le portrait d'un ami proche, suivi dans son dialogue avec l'image que lui renvoie chaque jour son miroir et cette sacrée distance qui la sépare de la photographie du fringant jeune homme qu'il était dans les années 1970, blouson serré, coupe au gel et cigarette au bec. La séquence part d'une émouvante nature morte réunie par Angelo, esthète de ses souvenirs : devant le tirage des beaux jours, posé sans cadre, un réveil de voyage, un angelot musicien en poussière de marbre, enguirlandé de colliers venus de loin, une lampe dont on ne voit que la fine colonne  et le noir câble électrique. Frédéric Gérard accompagne dès lors les premières minutes d'une journée d'Angelo, prises entre le clin d'œil doux-amer du passé et ce face-à-face intime d'un septuagénaire que la vieillesse étonne et accable jusqu'aux larmes. Frédéric Gérard est l'invité de la Galerie des lecteurs, page 136 du numéro "Spécial Hiver 2019-2020 de l'intéressant magazine bimestriel en ligne Openeye, d'accès gratuit :

https://fr.calameo.com/read/0051434053b9f2d65873d

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