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Travaux étudiants
Travaux étudiants

// « UUJUK KANGILEK »
GROENLAND – DISKO BAY

Jérémy Blahay( Promo 2019)

« Tu as voyagé parce que tes yeux devaient voir et se rendre compte ».

(Arluk, Le chant pour celui qui désire vivre, Jorn Riel)

A 500km au nord du cercle polaire, nous nous sommes écartés d’un chemin de randonnée et avons découvert une petite cabane abandonnée, au creux d’un fjord, que nous avons réhabilitée pour y séjourner. Nourrie des textes de l’ethnologue Jorn Riel et de la mythologie Inuit, cette série documentaire a pris une toute autre dimension après un accident bouleversant : glissant d’une falaise j’ai chuté dans les eaux arctiques et noyé mes pellicules et mon appareil photo. Au développement, la chimie a révélé traces et défauts comme autant de spectres qui ont marqué pour toujours notre passage à Uujuk Kangilek.
Cette série aborde la problématique écologique aux premières loges du dérèglement climatique et ses conséquences sur les populations autochtones. L’environnement saisi change, fond, disparaît chaque minute qui passe. Telles des images d’archives usées par le temps, ces photographies dépeignent un monde où l’homme a presque disparu, laissant derrière lui os de mammifères, hutte ou jeunes chiens de traineaux plongés dans un troublant sommeil.

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// Balade en terre brulée

Raphael Laruga

Le silence assourdissant, seulement troublé par le bruit des pas. Il fait chaud, mais je ne peux m’empêcher de frissonner. Tout a été dévoré par les flammes. Il ne reste pas un insecte, pas une feuille. De ce désastre naît une nouvelle liberté. Il n’y a plus de chemin, plus de limite, je déambule dans une enivrante solitude. Les branches brulées me griffent et tracent des lignes au charbon sur mes habits, mais je file entre les buissons, que verrai-je en haut de cette crête ? La mer, le vent et derrière, quelques collines noires ; le vert réapparaît, entourant les maisons de quelques chanceux, épargnées par la catastrophe. Je redescends dans la vallée, je tombe sur un ruisseau asséché qui crée comme une avenue. Alors je le suis. Les branches brulées sont de plus en plus hautes et le chemin est de plus en plus bas. Je m’accroupis pour continuer à avancer. Les arbres calcinés se dressent comme autant de ruines monumentales. À genoux dans les cendres, dans cette prison de charbon, je me résous à l’avouer, je suis perdu.

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// AMBRE RAIMBAULT
(photo promotion 2019)
MATERNELLE

Ambre Raimbault

Intimité,
Maternité,
Instant dérobé,
Formes dessinées.

Partage qui se dégage
D’un corps en dévoilage;
Lumière d’un âge
S’étalant à chaque page.

Noblesse d’une âme
Qui a connu des larmes.
Paisible essence
Songe et pense
À la sérénité
D’une finalité envisagée.

Force juvénile
Enracinée jusqu’à la pointe des cils;
C’est une pupille qui brille
Devant sa petite-fille.

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// INGRID BAILLEUL
(photo promotion 2019)
LA RESPIRATION CONSCIENTE,
POUR LA VIE

Ingrid Bailleul

Au mois d'août 2018, le Congrès international de la Respiration consciente avait lieu en France, près d’Angers, sur le thème "Respirez la joie". Et quelle joie ! Trois-cents personnes venues de vingt-sept pays pour partager des expériences et des savoirs, s’épanouir chacun et ensemble. Pendant toute une semaine, une concentration d’énergie à la fois harmonieuse et puissante a produit un extraordinaire mélange de larmes, d’exclamations, de rires, d’étreintes…Absolument festif, l'événement a atteint sa vocation première de toucher l’être humain dans sa dimension mentale et sa forme physique. Au cœur des pratiques proposées,  les techniques respiratoires  comme la  respiration transformationnelle, la cohérence cardiaque, mais aussi le wutao, le butô, le mouvement authentique et le yoga du rire montraient qu'aborder son bien-être émotionnel et porter son attention aux autres  peuvent transformer son quotidien, bien au-delà d’une semaine passée dans un petit village angevin.

 

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// KWARK Songhyun
(photo promotion 2019)
DESTINATIONS INCONNUES

KWARK Songhyun

Avant de venir en France en 2015, d'abord à Montpellier pour apprendre la langue, et en 2016 à Paris pour ma formation de photographe, j'ai suivi un cursus en anthropologie à l'Université de Séoul et travaillé dans une agence de voyage. En Corée, comme partout dans le monde, les gares de grandes villes me posent toujours la même question : vers où courent toutes ces personnes aux visage souvent fermés, voire anxieux ? À défaut d'apporter une réponse, il m'a semblé que la photographie pouvait préciser cette interrogation. J'ai donc beaucoup photographié  de terminaux et de halls de gare, à Séoul et à Paris, comme pour cette série réalisée en 2017 à la gare de Lyon. Je me suis postée en étage pour suivre en pongée ces voyageurs si différents, aux trajectoires inconnues mais déterminées. J'ai choisi d'opérer en "panning shot", mini-panoramique de 4/10 de seconde, un temps de pose assez long pour saisir un fragment de cette fragilité intime qui accompagne chaque départ.

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// EUGENIE RAGOT (photo, promotion 2019).
Les Clowns et les petits malades.

Eugénie Ragot

Infirmière ou photographe, les deux métiers m'ont toujours attirée. J'ai donc commencé par une formation d'Infirmier diplômé d’état (IDE), et enchainé par une école de photo. Les Clowns en pédiatrie, je les ai connus dans deux services, ambulatoire et cancérologie. J'ai pu voir comment ces artistes bénévoles peuvent faciliter des actes invasifs sur des enfants inquiets, et limiter leurs souffrances. Les clowns cernent très vite ce à quoi l'enfant est réceptif. Aussitôt, une chanson, une saynète, des gags, des bêtises s'organisent. J’adorais travailler avec eux, après leurs passages, les enfants étaient différents, ils retrouvaient ces trésors que sont le rire et le jeu. C'est en voyant cela que j'ai eu l'idée et l'envie d'en faire une narration photographique. Toutes ces images ont été prises l'espace d'un matin. S'il m'arrivait de participer un peu au spectacle, je suis restée une photographe très discrète. J’aimerais approfondir ce travail aujourd’hui, avec mon œil plus mature, dans d’autres hôpitaux, avec d’autres clowns.

 

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// Homotype

GREGORY BALSAMO

Dans l'esprit de la plupart des gens, un homo est forcément efféminé. Il se dandine en marchant, croise les jambes assis, lève le petit doigt quand il boit son thé et porte une boucle d'oreille à droite.

Autant de clichés pour définir l'homosexuel type. Pour la plupart, ils sont véhiculés au cinéma, dans des émissions de télé-réalité, dans la littérature et les conversations. Si ces stéréotypes sont souvent péjoratifs, ils n'en expriment pas moins une certaine vérité. Si cela dérange certains, pour d'autres, c'est l'expression d'une beauté.

Cette perception de l'homo et le décryptage de sa personnalité font l'objet de cette série. J'ai essayé de les traiter avec dérision, en jouant avec lesclichés, en forçant le trait pour mieux prendre les moqueurs à leur propre piège. À travers une illustration sublimée j'ai voulu pointer les éléments constitutifs de l'image des homos comme on énumère les ingrédients d'une recette.

En associant détails et portrait, j'espère susciter une réflexion, amener le spectateur à s'interroger sur la représentation commune de l'homosexuel.

GREGORY BALSAMO

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// Les grands hommes

ALINE DESCHAMPS

Les Grands Hommes est un projet qui vise à défaire certains préjugés. Nous sommes dans une guerre d’images, et celles que les médias diffusent sur les réfugiés sont souvent stéréotypées. En passant de la traversée aux campements des bidonvilles, les images prises à la volée témoignent d’une situation de détresse et de précarité. Véridiques et nécessaires, elles conditionnent le regard sur la personne exilée dont elles occultent souvent la dignité.

La série propose une représentation symbolique des réfugiés en France. À la façon d’un certain portrait présidentiel, ces hommes posent face à l'objectif, avec la force de leurs parcours et de leur identité ; ils posent droits, confiants, et fiers de représenter leur pays d’accueil. Sans exploiter la fibre du pastiche, les portraits convoquent des objets personnels sur le bureau élyséen, symbolisant le parcours de survie. Dans la diversité des expériences, ils témoignent des sacrifices et de la détermination au partage d'un avenir meilleur. «Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante».

Aline Deschamps

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// Paris-Normandie, le Ciel

SOFIANE VERGNET

Ces photographies ont été prises en ce début d'année 2017, elles se partagent entre des vues de Paris que je connais bien pour y habiter, et des paysages du Havre et d'Étretat que j'ai découverts. J'associe les deux séries sur l'idée qui m'est apparue petit à petit, d'une relation entre l'homme et la nature, chacun s'invitant chez l'autre, laissant au passage les jetées du port empiétant sur la mer, les fumées d'usines se fondant en nuages, un chemin forestier s'insinuant dans l'espace urbain et les volées de mouettes au-dessus de la ville. Le parti pris d'un rendu dense en noir et blanc, d'un format presque panoramique en cadrage vertical vient autant d'une vision poétique privilégiant la grisaille d'un ciel d'hiver que de convictions écologiques sur la pollution atmosphérique acquises au cours de mes séjours berlinois. Je pense que mes prochains travaux se situeront dans cette approche artistique et militante de l'environnement, dans la recherche d'un équilibre agressif/harmonieux.

Sofiane Vergnet

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// Mue

JING GE

Paradoxalement, les mouvements en faveur de  l'émancipation féminine et les campagnes revendiquant  la parité sur les terrains du travail et du partage des responsabilités s'accompagnent d'une exigence implicite sur l'apparence des femmes, sur leur allure. Mes images expriment la volonté d'une autre libération qui, de la sphère sociale, se déplacerait dans l'enceinte plus intime de l'identité et dans celle, plus difficile, de l'affirmation de soi. La femme que je photographie veut simplement exister en tant qu'être humain, et non plus nécessairement comme objet désirable, comme le complément désigné d'un couple. Dans son enchaînement chorégraphique sur le fond noir d'une scène qui s'apparente à une solitude assumée, cette suite de postures la montre dans une lutte sans adversaire apparent, dans ses efforts pour briser le stéréotype, pour arracher une à une ses peaux artificielles, gaines, bas et autres collants depuis toujours imposées à sa féminité.

Jing Ge

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